Mercredi 08 septembre 2010  
 
   
 
Le devenir collectif des Québécois
Reprendre l'initiative
11 juin 2009

Madame Pauline Marois, chef du Parti québécois, rompt avec l’attentisme et ouvre toutes les possibilités en rendant public son «Plan pour le Québec souverain» qui porte sur le rapatriement au Québec de pouvoirs exercés par le gouvernement fédéral, notamment en matière de culture et de communications, d'impôts et de taxes. Ces accroissement des compétences seront proclamés par des lois de l'assemblée nationale, à l'occasion d'élections générales ou par des référendums.

Pour sa part, monsieur Louis Bernard repose un magistral argumentaire sur des fondamentaux : « L'indépendance pour l'indépendance, la souveraineté pour la souveraineté, comme être libre pour la liberté ».

L'indépendance, pour briser les liens qui entravent notre développement. La souveraineté pour affirmer notre originalité au quotidien et dans le monde. Pour cette liberté que donne la pleine maîtrise des indispensables leviers du progrès social, de la prospérité économique, comme de l’épanouissement des individus et de la responsabilisation des dirigeants de nos collectivités.

Pourquoi encore l’indépendance? Tout simplement parce qu’il vaut mieux s'occuper de ses propres affaires que de les laisser gérer par les autres. Ce qui s’applique autant aux individus qu’aux peuples. La pleine autonomie pour avoir vraiment les coudées franches.

À mon avis, la souveraineté est le seul projet qui donne vraiment du sens à une nation – surtout en notre époque de «full» mondialisation – parce qu’elle assure les moyens de réalisation de tous nos autres projets de société, qu'ils soient de gauche ou de droite, locaux, régionaux ou internationaux. Être souverain, c'est être à la gouverne de nos choix, de nos moyens, de nos décisions et de nos actions pour garantir l'épanouissement des personnes, l’équité sociale, le progrès économique, les chantiers culturels et le jardin écologique.

Le Québec souverain sera un pays démocratique, français, en harmonie avec les premières nations et sa minorité anglophone, égalitaire envers ses citoyens, et un partenaire économique dynamique avec ses voisins de proximité et avec d’autres pays de la planète. Et tant mieux pour tous si on peut coopérer d'égal à égal avec nos amis canadiens.

Dans le but de nous conférer ce statut de nation libre par les voies démocratiques, je propose brièvement et partiellement ici, une démarche citoyenne de réflexion, de discussion et de mobilisation populaire sur l’avenir politique du Québec, soutenue par le témoignage d’experts et de personnalités.

Mettre en place une démarche citoyenne pour redéfinir l’intention québécoise à partir du terrain de nos gens.

Pour un peuple en devenir, il n'y a pas de raccourcis. Il n’y aura pas de souveraineté si elle se fait contre les gens et à leur place. Ils sont leurs premiers experts en ce qui les concerne.

Allons d’abord à l’écoute des attentes des Québécoises et des Québécois afin de déterminer leurs réels besoins, leurs intérêts et leurs valeurs, en ce début du XXIe siècle. Cette première phase d’expression et de débats populaires se tiendrait, sous la forme de colloques thématiques ouverts à tous, tenus à Montréal, à Québec et en régions, sur les actuels enjeux économiques, sociaux, démographiques et écologiques. Une sorte d’état de la situation sur les préoccupations de l’heure et les possibles solutions.

Une deuxième phase en serait une d’études expertes sur les tendances et la prospective, sur les priorités, les compétences, les institutions, les conditions de réussite, ainsi que sur les contraintes, les ressources nécessaires et les étapes de réalisation. Il s’agit de prendre connaissance des responsabilités partagées, des points de vue du national, du régional, du local et de l’individuel, ainsi que des rôles des différents acteurs de la société civile.

Les résultats des consultations populaires et des études expertes seraient publiés sous la forme d’un manifeste qui proposerait aux citoyennes et citoyens du Québec, les options politiques qui actualiseraient leurs espoirs.

René Lévesque disait que «La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts. La liberté, c'est d'être au courant, et le reste en découle.»

La souveraineté du Québec sera la rencontre d’un projet partagé avec le peuple, d’une conjoncture favorable au changement et d’un leadership affirmé. Le momentum fera venir le chef… ou la chef.

Passons à l’action. S'il fallait attendre les conditions idéales pour agir, rien ne se serait réalisé sur cette planète. C’est dans le rêve que naissent les plus grandes réussites.

La souveraineté du Québec est un projet collectif de maturité, intelligent, motivant, ouvert et rassembleur, parce qu’il se nourrit aux valeurs humaines les plus vitales et nobles : la lucidité du cœur, le courage tranquille et la solidarité raisonnée.

Gilles Châtillon

DLMMJVS