Le devenir collectif des Québécois Reprendre l'initiative 11 juin 2009
Madame Pauline Marois, chef du Parti québécois, rompt avec
l’attentisme et ouvre toutes les possibilités en rendant public son «Plan pour le Québec souverain» qui porte
sur le rapatriement au Québec de pouvoirs exercés par
le gouvernement fédéral, notamment en matière de culture et de communications, d'impôts et de taxes. Ces accroissement des compétences seront proclamés par des lois de l'assemblée nationale, à l'occasion d'élections générales ou par des référendums. Pour sa part, monsieur Louis Bernard repose un magistral argumentaire
sur des fondamentaux : « L'indépendance pour l'indépendance, la
souveraineté pour la souveraineté, comme être libre pour la liberté ». L'indépendance, pour briser les liens qui entravent notre
développement. La souveraineté pour affirmer notre originalité au quotidien et
dans le monde. Pour cette liberté que donne la pleine maîtrise des
indispensables leviers du progrès social, de la prospérité économique, comme de
l’épanouissement des individus et de la responsabilisation des dirigeants de
nos collectivités. Pourquoi encore l’indépendance? Tout simplement parce qu’il
vaut mieux s'occuper de ses propres affaires que de les laisser gérer par les autres.
Ce qui s’applique autant aux individus qu’aux peuples. La pleine autonomie pour
avoir vraiment les coudées franches. À mon avis, la souveraineté est le seul projet qui donne
vraiment du sens à une nation – surtout en notre époque de «full»
mondialisation – parce qu’elle assure les moyens de réalisation de tous
nos autres projets de société, qu'ils soient de gauche ou de droite, locaux,
régionaux ou internationaux. Être souverain, c'est être à la gouverne de nos
choix, de nos moyens, de nos décisions et de nos actions pour garantir
l'épanouissement des personnes, l’équité sociale, le progrès économique, les
chantiers culturels et le jardin écologique. Le Québec souverain sera un pays démocratique, français, en
harmonie avec les premières nations et sa minorité anglophone, égalitaire
envers ses citoyens, et un partenaire économique dynamique avec ses voisins de
proximité et avec d’autres pays de la planète. Et tant mieux pour tous si on
peut coopérer d'égal à égal avec nos amis canadiens. Dans le but de nous conférer ce statut de nation libre par
les voies démocratiques, je propose brièvement et partiellement ici, une
démarche citoyenne de réflexion, de discussion et de mobilisation populaire sur
l’avenir politique du Québec, soutenue par le témoignage d’experts et de
personnalités. Mettre en
place une démarche citoyenne pour redéfinir l’intention québécoise à
partir du terrain de nos gens.
Pour un peuple en devenir, il n'y a pas de raccourcis. Il n’y
aura pas de souveraineté si elle se fait contre les gens et à leur place. Ils
sont leurs premiers experts en ce qui les concerne. Allons d’abord à l’écoute des attentes des Québécoises et
des Québécois afin de déterminer leurs réels besoins, leurs intérêts et leurs
valeurs, en ce début du XXIe siècle. Cette première phase d’expression
et de débats populaires se tiendrait, sous la forme de colloques thématiques
ouverts à tous, tenus à Montréal, à Québec et en régions, sur les actuels
enjeux économiques, sociaux, démographiques et écologiques. Une sorte d’état de
la situation sur les préoccupations de l’heure et les possibles solutions. Une
deuxième phase en serait une d’études expertes sur les tendances et la
prospective, sur les priorités, les compétences, les institutions, les
conditions de réussite, ainsi que sur les contraintes, les ressources nécessaires
et les étapes de réalisation. Il s’agit de prendre connaissance des
responsabilités partagées, des points de vue du national, du régional, du local
et de l’individuel, ainsi que des rôles des différents acteurs de la société
civile. Les résultats des consultations populaires et des études expertes
seraient publiés sous la forme d’un manifeste qui proposerait aux citoyennes et
citoyens du Québec, les options politiques qui actualiseraient leurs espoirs. René Lévesque disait que «La tâche des vrais démocrates est
de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné
sur ses propres intérêts. La liberté, c'est d'être au courant, et le reste en découle.»
La souveraineté du Québec sera la rencontre d’un projet
partagé avec le peuple, d’une conjoncture favorable au changement et d’un
leadership affirmé. Le momentum fera venir le chef… ou la chef. Passons à l’action. S'il fallait attendre les conditions idéales
pour agir, rien ne se serait réalisé sur cette planète. C’est dans le rêve que
naissent les plus grandes réussites. La souveraineté du Québec est un projet collectif de maturité,
intelligent, motivant, ouvert et rassembleur, parce qu’il se nourrit aux
valeurs humaines les plus vitales et nobles : la lucidité du cœur, le
courage tranquille et la solidarité raisonnée.
Gilles
Châtillon |